Archive annuelle 2026

ParDomaine Frédéric Mochel

Les sols, la grande priorité du domaine

Sous les rangs de vigne se joue une grande partie de l’avenir de nos vins.
La qualité du sol, sa vie, sa structure, sa capacité à nourrir la plante… tout cela influence directement le style des vins du domaine.

On parle souvent du cépage, du millésime, de l’élevage.
Mais tout commence bien plus bas : dans le sol.

Au domaine, prendre soin des sols n’est pas une option.
C’est une priorité quotidienne.


Un sol vivant plutôt qu’un sol “propre”

Un sol nu n’est pas un sol en bonne santé.
Contrairement à une idée longtemps répandue, la terre ne doit pas être laissée à découvert.

Un sol vivant est un sol :
– couvert,
– aéré,
– nourri,
– habité par des micro-organismes.

C’est pour cela que nous semons des engrais verts entre les rangs de vigne.
Ils ne sont pas là par hasard. Ils jouent plusieurs rôles essentiels.


Les engrais verts : des alliés naturels

Les engrais verts sont des mélanges de plantes semées spécialement pour le sol : légumineuses, graminées, fleurs mellifères, crucifères…

Leur mission est multiple.

Ils protègent d’abord la structure du sol.
Leurs racines l’aèrent, le décompactent, facilitent la circulation de l’eau.

Ils nourrissent ensuite la terre.
Certaines plantes captent l’azote de l’air et le restituent naturellement.
D’autres apportent de la matière organique une fois broyées et restituées au sol.

Ils limitent aussi l’érosion.
En cas de fortes pluies, le sol reste en place.

Enfin, ils favorisent la biodiversité.
Et c’est un point clé.


Des “pistes cyclables” pour insectes

Les couverts végétaux créent de véritables couloirs de circulation pour la petite faune.
Insectes, pollinisateurs, auxiliaires du vignoble y trouvent refuge et nourriture 🐞

Ces zones végétalisées sont comme des réseaux de circulation vivants entre les parcelles.
Elles favorisent les équilibres naturels.

Plus la biodiversité est riche, plus le vignoble est résilient.
C’est un principe fondamental en agriculture biologique et biodynamique.

Nous ne cherchons pas à lutter contre la nature.
Nous cherchons à travailler avec elle.


Agriculture biologique et biodynamique : une cohérence de pratiques

Notre travail des sols s’inscrit dans une démarche globale.
En agriculture biologique et biodynamique, l’objectif n’est pas seulement d’éviter les produits de synthèse.

Il s’agit surtout de :
– renforcer la vitalité des sols,
– soutenir la plante,
– encourager les équilibres naturels.

Les préparations biodynamiques, les rythmes de travail, l’observation du vivant font partie de cette approche.
Le sol n’est pas un support.
C’est un organisme à part entière.


Un impact direct dans le verre

Un sol vivant donne des vignes plus équilibrées.
Des racines plus profondes.
Une meilleure résistance aux stress climatiques.

Cela se traduit dans les raisins.
Puis dans les vins.

Plus de précision.
Plus d’expression du terroir.
Plus d’énergie.

Ce travail est discret.
Invisible pour la plupart des visiteurs.
Mais il est présent dans chaque bouteille.


Prendre soin de la terre, sur le long terme

Le travail du sol est un engagement de patience.
On ne “corrige” pas un sol en une saison.

C’est un accompagnement sur des années.
Par petites décisions.
Par gestes répétés.

Parce qu’un grand vin commence toujours par une terre respectée.

ParDomaine Frédéric Mochel

L’hiver à la cave : quand le vin continue de grandir en silence

Lorsque l’hiver s’installe sur le vignoble, les rangs se figent, les paysages se voilent parfois de brume ou de givre, et la vigne entre dans son repos.
Vu de l’extérieur, tout semble calme.
Pourtant, derrière les portes de la cave, le travail se poursuit, discret mais essentiel.

Contrairement aux idées reçues, l’hiver n’est pas une période creuse au domaine.
C’est un temps lent, précis, où chaque geste compte pour accompagner les vins vers leur équilibre.

Le repos des vins, une étape clé

Après les fermentations, l’hiver est avant tout un temps de repos.
Les vins se posent, s’affinent, trouvent peu à peu leur harmonie.

Dans la fraîcheur naturelle de la cave, les températures basses favorisent une clarification naturelle.
Les particules les plus fines se déposent doucement au fond des foudres et des cuves.
Rien n’est brusqué.
Le temps fait son œuvre, comme il le fait depuis toujours.

Les soutirages : accompagner sans intervenir

L’hiver est aussi la saison des soutirages.
Cette opération consiste à séparer le vin clair des lies déposées au fond des foudres, cuves ou jarres.

Le soutirage permet d’apporter de la netteté au vin, tout en respectant son identité.
Il s’agit d’un travail d’observation et de décision :
quand intervenir, comment, et parfois… choisir de ne pas le faire.

Chaque vin est suivi individuellement, avec attention et humilité.

L’élevage : patience et précision

Les mois froids sont fondamentaux pour l’élevage des vins.
Qu’ils reposent en foudres anciens, en cuves inox ou dans d’autres contenants, les vins évoluent lentement (surtout dans les jarres).

Ils gagnent en profondeur, en structure, en complexité.
C’est une période où l’on écoute beaucoup, où l’on goûte régulièrement, où l’on ajuste avec parcimonie.

L’hiver enseigne la patience.
Il rappelle que le vin ne se fabrique pas, il s’accompagne.

Une cave bien vivante

Pendant que les vins poursuivent leur chemin, la cave, elle, reste en mouvement.

L’hiver est le moment idéal pour :
– entretenir le matériel,
– nettoyer et préparer les contenants,
– vérifier chaque outil, chaque installation.

C’est un travail moins visible, mais indispensable.
Il garantit la qualité et la sérénité des mois à venir.

Préparer les commandes, accueillir les visiteurs

L’hiver est aussi une saison de rencontres.
Au caveau, les commandes se préparent, les cartons s’empilent, les bouteilles quittent la cave pour rejoindre vos tables.

Nous accueillons également les visiteurs, curieux de découvrir le domaine dans une atmosphère plus intime.
Les dégustations se font alors dans une ambiance feutrée, propice à l’échange et à la discussion.

Loin d’une pause, un temps fondateur

L’hiver n’est pas une pause dans le travail du vigneron.
C’est un temps fondamental, souvent invisible, mais déterminant pour nos vins.

C’est dans ce silence, dans cette lenteur assumée, que se dessinent les équilibres futurs.
Le printemps viendra assez tôt.
Pour l’heure, la cave veille.