En Alsace, certains noms résonnent comme des évidences.
Des terroirs dont la réputation traverse les siècles et dont la singularité se retrouve dans le verre.
Le Grand Cru Altenberg de Bergbieten fait partie de ceux-là.
Situé entre les villages de Bergbieten et Traenheim, aux portes de Strasbourg, il donne naissance à quelques-uns des vins les plus remarquables du nord de la Route des Vins d’Alsace.
C’est ici que naît notre Cuvée Henriette, cuvée emblématique du domaine.
Mais qu’a donc de si particulier cet Altenberg de Bergbieten ?

Le nom Altenberg signifie littéralement vieille montagne.
En Alsace, ces lieux-dits désignent souvent des coteaux historiquement dédiés à la vigne, cultivés depuis des générations.
Celui de Bergbieten est mentionné dès 1050, dans des archives liées au pape Léon IX.
Au fil du temps, il appartient à différentes congrégations religieuses puis à l’évêché de Strasbourg, avant d’être restitué aux vignerons à la Révolution.
Sa renommée dépasse rapidement les frontières régionales.
Une anecdote célèbre raconte qu’en 1894, lors de l’inauguration du camp militaire de Mutzig, l’empereur Guillaume II dégusta un Riesling issu de l’Altenberg. Séduit, il demanda d’où venait ce vin. En lui montrant la colline de Bergbieten, on lui désigna le vignoble. L’empereur aurait alors demandé que ce coteau soit respecté et protégé.
Grâce à la ténacité de notre regretté Frédéric Mochel et de son ami Roland Schmitt, l’Altenberg de Bergbieten entre officiellement dans l’appellation Alsace Grand Cru en 1983, reconnaissance naturelle d’un terroir déjà admiré depuis longtemps.
Le Grand Cru Altenberg de Bergbieten s’étend sur 29,07 hectares, entre 210 et 265 mètres d’altitude, sur un coteau exposé sud à sud-est.
Il se situe au cœur d’un vaste amphithéâtre naturel :
Cette configuration lui offre un véritable microclimat sec et lumineux.
Les orages estivaux suivent souvent les vallées voisines sans toucher directement le coteau.
Les reliefs protègent partiellement des vents et des pluies océanes.
Et l’ouverture du paysage garantit un ensoleillement généreux tout au long de la journée.
Résultat : les raisins mûrissent de façon homogène, lentement, avec régularité.

Le grand secret de l’Altenberg se trouve aussi sous vos pieds.
Ses sols sont composés principalement de marnes du Trias, riches en éléments calcaires, dolomitiques… et en gypse.
On parle souvent de sols marno-calcaro-gypseux.
Ces terres sont précieuses pour plusieurs raisons.
Les marnes retiennent bien l’eau.
Même lors d’étés secs, la vigne peut aller puiser profondément grâce à son enracinement.

Des marnes
Ce sont des sols plutôt frais, longs à se réchauffer au printemps.
La vigne démarre avec mesure, et les maturités sont plus tardives.
Ce rythme lent favorise la complexité aromatique.
Les marnes étant tendres, les racines peuvent descendre facilement.
La vigne explore le sol en profondeur, ce qui renforce sa résilience.
Au domaine, ces caractéristiques sont accompagnées par des pratiques adaptées :

Du gypse
Le Grand Cru Altenberg de Bergbieten produit des vins à forte personnalité.
Sur le Riesling, cépage majoritaire du cru, on retrouve souvent :
Ce sont des vins à la fois puissants et droits.
Des vins qui savent vieillir avec grâce.
Le Gewurztraminer, le Pinot Gris et le Muscat y trouvent également de très belles expressions.
Parmi nos parcelles situées sur l’Altenberg, certaines occupent une place particulière.
Ce sont les plus belles vignes du domaine, dont certaines très anciennes, plantées notamment en 1955 par Henriette, la grand-mère de Guillaume.
C’est à partir de ces vignes qu’est née la Cuvée Henriette, créée à l’origine pour célébrer ses 80 ans.
Au fil du temps, cette cuvée est devenue notre signature.
Elle incarne ce que l’Altenberg peut offrir de plus précis :
Depuis peu, elle existe aussi en version élevée en jarre de grès, pour une lecture différente du terroir : plus texturée, toujours fidèle à sa tension naturelle.

Le Riesling Grand Cru Altenberg aime les mets de caractère, sans excès.
Très beaux accords avec :
Et bien sûr, sur une grande table alsacienne, il trouve toujours sa place.
L’Altenberg de Bergbieten n’est pas seulement un coteau classé.
C’est un paysage, une mémoire, une géologie, un climat… et une promesse tenue millésime après millésime.
À travers notre Cuvée Henriette, nous essayons simplement d’en transmettre l’essentiel :
la vérité d’un lieu.
Rien de plus.
Rien de moins. 🍇🍷
On parle souvent du vigneron.
De la vigne.
Du vin.
Mais derrière chaque bouteille, il y a surtout une équipe.
Des femmes et des hommes qui, au fil des saisons, participent à chaque étape, chaque geste, chaque décision.
Au domaine, ils sont quatre à accompagner Guillaume au quotidien :
Gaudéric, Helena, Florian et Aude.
Quatre personnalités différentes.
Quatre regards.
Mais une même implication.
Toujours aux côtés de Florian, Gaudéric travaille dans les vignes avec constance et précision.
Son terrain de jeu, c’est le grand air.
Mais aussi l’atelier.
Car au-delà du travail de la vigne, il est passionné de mécanique.
Il entretient, répare, adapte les machines selon les besoins du domaine.
Un savoir-faire précieux, qui demande autant de rigueur que d’ingéniosité.
Côté vigne, il apprécie particulièrement ces moments où il redonne vie au matériel, prolonge les outils, les ajuste.
Un travail de fond, discret, mais indispensable.
Et si Gaudéric était un cépage ?
Ce serait le pinot noir : fin, précis, avec du caractère.

Helena fait partie de ces personnes qui connaissent le domaine dans ses moindres détails.
Depuis de nombreuses années, elle intervient partout où il y a besoin : entretien des bâtiments, aide lors des mises en bouteille, participation aux dégorgements, travaux en vert…
Et lorsque viennent les vendanges, elle est dans les rangs, aux côtés de toute l’équipe des vendangeurs.
Polyvalente, fiable, toujours volontaire, elle incarne cette présence discrète mais essentielle qui fait tenir l’ensemble.
Son moment préféré ?
Les arcures, au printemps.
Un geste technique, mais aussi esthétique, qui donne le ton de la saison.
Si elle était un cépage, ce serait le gewurztraminer : généreux, expressif, avec une vraie personnalité.

Florian partage son temps entre les vignes et la cave.
Depuis plusieurs années, il accompagne chaque étape du cycle : travail du sol, vendanges, suivi des vins, manutention… avec sérieux et engagement.
C’est une présence dynamique, toujours prête à aider, à s’adapter, à avancer.
Son moment préféré reste les vendanges.
Pour l’énergie collective, l’intensité, et ce moment unique où tout le travail de l’année prend forme.
À ses yeux, le riesling s’impose comme une évidence :
un cépage droit, précis, avec du caractère.
Et s’il maîtrise un outil à la perfection ?
Le tracteur, sans hésiter.

Au caveau, Aude est souvent la première personne que vous rencontrez.
Elle vous accueille, vous conseille, vous guide dans vos dégustations.
Elle prépare vos commandes, organise les départs de bouteilles, prend en charge la facturation, répond à vos appels et veille à ce que chaque visite se passe dans les meilleures conditions.
Son rôle est essentiel : elle fait le lien entre le travail du domaine… et vous.
Curieuse, attentive, toujours souriante, elle sait rendre le vin accessible, vivant, concret.
Son moment préféré ?
La mise en bouteille.
Pour l’énergie collective et la satisfaction de voir le vin prêt à partir.
Et son outil de prédilection ?
Le tire-bouchon, évidemment.
Si elle était un cépage, ce serait le pinot gris : équilibré, à la fois doux et structuré.

Chacun a son rôle.
Ses gestes.
Son rythme.
Mais ce qui relie Gaudéric, Helena, Florian et Aude, c’est une même attention portée au détail, et une même envie de bien faire.
Le vin est souvent perçu comme une œuvre individuelle.
Il est en réalité profondément collectif.
Et si certaines mains restent dans l’ombre, 01leur travail, lui, se retrouve dans chaque verre.
On imagine souvent que la mise en bouteille est une simple formalité. Le vin est prêt, on le met en bouteille, et l’affaire est faite.
En réalité, c’est un moment clé. Un moment technique. Un moment d’attention extrême.
C’est la dernière étape avant que le vin quitte définitivement la cave.
Après cela, il vivra sa vie ailleurs.
La mise en bouteille ne se décide pas au hasard.
Avant tout, nous dégustons. Plusieurs fois.
Nous observons l’équilibre, la stabilité, l’expression aromatique.
Un vin doit être prêt.
Ni trop tôt.
Ni trop tard.
La température de la cave, l’état général du vin, la date sur le calendrier lunaire (nous y sommes attentifs puisque nous travaillons en biodynamie) : tout compte.
Mettre en bouteille, c’est figer un instant précis de son évolution.
Avant le jour J, tout est vérifié.
Les tuyaux, la tireuse, chaque raccord est nettoyé et désinfecté. La moindre impureté pourrait altérer le vin. La rigueur est totale.
Les vins sont également filtrés en amont.
Rien n’est laissé au hasard.
Le jour venu, le rythme change.
Chacun connaît son rôle.
L’une charge le début de la ligne en bouteilles vides.
L’autre contrôle le niveau et la quantité de bouchons dans le réservoir.
Quand un autre dispose les bouteilles pleines dans des paddocks en bois.
C’est un véritable travail d’équipe.
Fluide, concentré, attentif.
Le vin circule doucement, sans brutalité.
L’objectif est de le préserver, de limiter au maximum l’oxygène, de respecter son intégrité.
Tout au long de la mise, nous contrôlons.
Nous vérifions :
– la limpidité,
– le niveau de remplissage,
– la qualité du bouchon.
Nous dégustons également des échantillons pendant l’opération.
Ce n’est pas de la méfiance. C’est du respect.
Une fois la bouteille fermée, le vin n’est plus modifiable.
C’est son départ officiel.
Malgré la préparation, la mise en bouteille reste un moment vivant.
Il peut y avoir un bouchon défectueux. Une bouteille qui casse. Une machine capricieuse.
Il faut alors réagir rapidement, ajuster, corriger. Rester calme.
C’est aussi ce qui rend ces journées intenses.
Elles demandent concentration, endurance… et parfois un peu d’humour.
Une fois mises, les bouteilles ne partent pas immédiatement.
Elles se reposent en cave.
Ce temps est nécessaire pour que le vin se stabilise après le léger stress de la mise.
Puis vient l’étiquetage.
Le conditionnement.
La préparation des palettes.
Et enfin, le départ vers vos tables.
La mise en bouteille marque une transition.
Le vin quitte le monde de la cave pour entrer dans le vôtre.
Il n’est plus seulement notre responsabilité.
Il devient aussi la vôtre.
Derrière chaque bouteille, il y a :
– des mois de travail à la vigne,
– des choix en cave,
– une journée de précision collective.
La prochaine fois que vous ouvrirez une bouteille du domaine,
vous saurez qu’avant ce simple geste,
il y a eu beaucoup d’attention🍷
Sous les rangs de vigne se joue une grande partie de l’avenir de nos vins.
La qualité du sol, sa vie, sa structure, sa capacité à nourrir la plante… tout cela influence directement le style des vins du domaine.
On parle souvent du cépage, du millésime, de l’élevage.
Mais tout commence bien plus bas : dans le sol.
Au domaine, prendre soin des sols n’est pas une option.
C’est une priorité quotidienne.
Un sol nu n’est pas un sol en bonne santé.
Contrairement à une idée longtemps répandue, la terre ne doit pas être laissée à découvert.
Un sol vivant est un sol :
– couvert,
– aéré,
– nourri,
– habité par des micro-organismes.
C’est pour cela que nous semons des engrais verts entre les rangs de vigne.
Ils ne sont pas là par hasard. Ils jouent plusieurs rôles essentiels.
Les engrais verts sont des mélanges de plantes semées spécialement pour le sol : légumineuses, graminées, fleurs mellifères, crucifères…
Leur mission est multiple.
Ils protègent d’abord la structure du sol.
Leurs racines l’aèrent, le décompactent, facilitent la circulation de l’eau.
Ils nourrissent ensuite la terre.
Certaines plantes captent l’azote de l’air et le restituent naturellement.
D’autres apportent de la matière organique une fois broyées et restituées au sol.
Ils limitent aussi l’érosion.
En cas de fortes pluies, le sol reste en place.
Enfin, ils favorisent la biodiversité.
Et c’est un point clé.
Les couverts végétaux créent de véritables couloirs de circulation pour la petite faune.
Insectes, pollinisateurs, auxiliaires du vignoble y trouvent refuge et nourriture 🐞
Ces zones végétalisées sont comme des réseaux de circulation vivants entre les parcelles.
Elles favorisent les équilibres naturels.
Plus la biodiversité est riche, plus le vignoble est résilient.
C’est un principe fondamental en agriculture biologique et biodynamique.
Nous ne cherchons pas à lutter contre la nature.
Nous cherchons à travailler avec elle.
Notre travail des sols s’inscrit dans une démarche globale.
En agriculture biologique et biodynamique, l’objectif n’est pas seulement d’éviter les produits de synthèse.
Il s’agit surtout de :
– renforcer la vitalité des sols,
– soutenir la plante,
– encourager les équilibres naturels.
Les préparations biodynamiques, les rythmes de travail, l’observation du vivant font partie de cette approche.
Le sol n’est pas un support.
C’est un organisme à part entière.
Un sol vivant donne des vignes plus équilibrées.
Des racines plus profondes.
Une meilleure résistance aux stress climatiques.
Cela se traduit dans les raisins.
Puis dans les vins.
Plus de précision.
Plus d’expression du terroir.
Plus d’énergie.
Ce travail est discret.
Invisible pour la plupart des visiteurs.
Mais il est présent dans chaque bouteille.
Le travail du sol est un engagement de patience.
On ne “corrige” pas un sol en une saison.
C’est un accompagnement sur des années.
Par petites décisions.
Par gestes répétés.
Parce qu’un grand vin commence toujours par une terre respectée.